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lundi 7 mai 2012

PLEINE LUNE SUR PARIS

Photo: VegaStar Carpentier. Publié sur le site de la NASA.

Pleine lune au-dessus de Paris, dans la nuit du samedi 5 mai, au dimanche 6 mai.

La lune semble immense, pas seulement du fait d'une illusion d'optique; mais parce qu'elle était bel et bien à une des distances les plus rapprochées de la Terre que lui permette son orbite.

Même à Montréal, même sur ma pauvre rue, c'était superbe.

Ce dimanche 6 mai, François Hollande a été élu Président de la République française; il n'y a guère longtemps, on aurait vu, dans cette lune féérique à la veille du grand jour, un présage, un signe ( heureux ? ) du destin.

Cette nuit, je m'ennuie de Paris. Cette nuit, j'envie le vent de liberté et d'égalité qui souffle sur la France. Cette nuit, j'envie les Français.







dimanche 6 novembre 2011

DOUCE FRANCE II


12 secondes d'un petit film médiocre, mais dont le sujet était d'une beauté telle que je ne résiste pas à l'envie de le diffuser sur ce blogue. C'était une Chose vue éclatante, vue du reste au dernier soir où LeChum et moi étions à Paris. C'est lui qui avait insisté pour qu'on se rende au Champ-de-Mars regarder de près la belle dame. Elle valait le déplacement, mille fois plus séduisante que les traditionnelles danseuses à paillettes qui ont fait jadis la réputation du Paris-by-night, et dont, peut-être, la Tour s'inspire quand il lui prend de scintiller. Au premier coup d'oeil, en sortant du métro, cette immense ossature, brillamment éclairée dans la nuit, me rappelait la fusée lunaire, dans Objectif Lune ! Et de fait, c'était absolument féérique. L'illumination de la tour Eiffel a renouvellé le défi qu'elle avait dû, déjà, relever à l'époque de sa conception et de sa construction. Une splendeur !




J'ai pensé longtemps que la Côte d'Azur était sans intérêt. Préjugé ( amer ) de celui qui n'a jamais été du jet-set. C'est en fait magnifique ! ( J'entends déjà Vincent me dire - m'écrire: t'es bien comme tous les Québécois, t'aime tout de la France, que tu trouves toujours, tout le temps, raffinée ! Eh bien, ... oui. )  On arrivait, au petit matin du premier jour, je regardais par les fenêtres du bus largement ouvertes sur l'air frais de la Méditerranée, et j'ai dit au Chum: « J'adore ça ! » Et puis: « C'est la Floride, mais avec goût ! » Pas vraiment Monaco, mais partout ailleurs, et singulièrement à Nice où toutes les petites photos ci-dessus ont été prises. La place Masséna est une merveille, de jour comme de nuit.





C'est Lyon qui me réservait la vraie surprise de mes quelques semaines en France. Étonnant, mais je ne connaissais pas du tout la ville. S'y trouver, dans le Vieux-Lyon, comme en Italie, mélange de Venise et de Rome au temps de la Renaissance, ( ce qui, historiquement, s'explique, ) c'est singulier, et c'est fortement addictif. Par ailleurs, le napoléonien que je suis n'a pu s'empêcher de raconter au Chum, qui n'en demandait pas tant, que Lyon avait été la plus bonapartiste des villes de France. En 1815, au retour de l'ile d'Elbe, Napoléon avait reçu, du petit peuple ouvrier de la ville, un accueil frénétique qui avait stupéfié tous ceux qui avaient vu l'événement. En quittant la ville pour Paris, Napoléon avait lancé une proclamation qui se terminait par: « Lyonnais, je vous aime ». Je l'ai compris !




À chaque fois que j'ai mis les pieds à Paris, que j'ai vu et revu intensément cette ville, je me suis invariablement répété que c'était la plus belle ville du monde. Je l'ai à nouveau pensé - sans que je puisse prétendre pouvoir faire une comparaison vraiment éclairée... Je suis sûr, pourtant, que c'est la plus belle ville du monde. Je suis sûr qu'Étienne ( un « ex » ! ) me disait vrai quand il m'affirmait, il y a quelques années de ça, qu'il y avait à Paris une unité psychiatrique qui soignait le « choc de la beauté ». J'ai ressenti le choc de la beauté - sans nécessité d'internement, j'ai tant marché cette ville que l'exercice et le plein air parisien m'ont gardé sain d'esprit ! ( C'est à Montréal que ça s'est mal présenté quand je suis revenu ! ) Comment, malheureusement, montrer des photos qui ne fassent pas cliché ? Voir le Louvre, ou la cour des Invalides, y prendre et perdre son temps, tenter bien en vain de fixer sur photo l'émotion que l'on éprouve à braquer les yeux sur tant de magnificence ( vraiment ), et par après, montrer ces photos désolantes parce qu'universellement connues en tant que photos...: c'est risqué, c'est souvent décevant, c'est toujours en dessous de ce qu'est le Paris à voir, à fouiller, à redécouvrir mille fois dans sa vie.



Et puis, et puis, il y a quand même une grande sagesse à Paris !
( graffiti rue Mouffetard )


P.-S. Il y aura un Douce France III: dans une toute autre perspective. J'ai pris des notes !





jeudi 31 mars 2011

Olympiades, Paris, 1924



Vue aujourd’hui, sur Internet, cette affiche de Jean Droit, dessinée pour illustrer les Jeux olympiques de 1924, tenues pour la seconde fois à Paris. La guerre s’était achevée 6 ans auparavant. Les Allemands, tenus pour responsables du crime et de la catastrophe, avaient été mis au ban des nations, depuis le traité de Versailles de 1919, et ne pouvaient pas participer à ces Jeux. L’affiche de Jean Droit, qui a fait la guerre et l’a illustrée de manière remarquable, magnifie la désormais possible régénérescence de la nation française, la vigueur de sa jeunesse, rassemblant des jeunes hommes tous blancs, vêtus à l’antique, prêtant le serment olympique devant les trois couleurs nationales immensément déployées, le blason de Paris rappelant quand même la ville hôte des Jeux.

1924, année olympique, année de fierté nationale pour la France. Un an auparavant, Hitler avait tenté, et raté, un coup d’État à Munich, qui lui avait valu procès, emprisonnement et notoriété. C’est de sa prison que Hitler a pris conscience de l’importance déterminante d’une propagande réfléchie, scientifiquement conçue pour être efficace, reniant les individualités, fabriquée à coups de gestes théâtraux,  d’affiches provocatrices et séduisantes, volontairement sexuées, symboliquement chargées, évoquant la force de la masse dans une gestuelle unique, parlant le langage de tous parce que parlant à l’inconscient. Deux ans auparavant, Mussolini avait réussi la célèbre Marche sur Rome ( qu’il avait faite en train jusqu’aux faubourgs de la ville ! ), et l’Italie tombait sous la coupe d’un régime à la fois réducteur et séducteur,  revalorisant, par la force brutale des Chemises noires, une virilité mise en doute par les premiers mouvements féministes et l’entrée facile des femmes dans les usines, pendant la guerre. Les hommes avaient douté d’eux-mêmes. La guerre les avait temporairement refaits. Le fascisme allait les conforter d’autant mieux qu’il allait jouer, subtilement, sur l’attrait homosexuel, idéalisé, inavoué, toujours contenu, mais toujours suscité. 

Ce que j’ai écrit là est bien connu, très documenté. J’ignore si Jean Droit était homosexuel. J’ignore aussi s’il a éprouvé une certaine fascination pour l’imagerie fasciste, ou si les formes mêmes de la propagande nazie ont stimulé son imaginaire, peut-être même excité l’artiste qu’il était. Mais reste que cette affiche a toutes les caractéristiques, ethniques, racistes, sexistes, communautaires, qui feront le succès inouï, affreux, de la propagande nazie - et qui attirera, de fait, de nombreux homosexuels dans les rangs des SA naissants. Cette affiche est troublante. Elle ne cesse de laisser croire à la diffusion rapide des idéaux fascistes, qu’on voudra nier par la suite, pour ne les concentrer vraiment qu’en Italie et qu’en Allemagne, à peine en Espagne. C’est une mauvaise blague - un terrible mensonge - que de penser de la sorte.