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dimanche 1 juin 2014

POUR EN FINIR AVEC EDDY BELLEGUEULE





Je viens tout juste de lire, en quelques heures, le petit livre d’Édouard Louis, En finir avec Eddy Bellegueule (Seuil, 2014).

Je suis bouleversé, comme après toute lecture importante, encore qu’important à ce point soit un fait littéraire plutôt rare. Ce roman autobiographique me rappelait Les mots pour le dire, de Marie Cardinal — en apparence deux romans très différents, et pourtant parlant tous deux de violence, de celle faite aux jeunes filles qui deviennent des femmes, de celle faite aux jeunes garçons qui deviennent des hommes, et pas nécessairement de ces «durs» qui plaisaient tant, naguère, à l’image virile qu’idéalisait le réalisme socialiste. Fallait voir ce qu’il en coûtait, d’êtres humains broyés pour l’exemple. Édouard Louis, tout comme Marie Cardinal, règle son compte avec la tyrannie de l’image, et bien sûr (et surtout), avec la violence sexuelle.

J’ai fouillé, et lu, aussi, ce soir, le texte de plusieurs interviews qu’a données Édouard Louis, pour expliquer son livre. Il ne m’a pas toujours convaincu, sauf si la poésie de l’écriture est, de quelque manière qui m’échappe un peu, une forme d’amour et d’indulgence. Je n’en suis pas certain. La révolution ne pardonne que rarement.

Je ne sais trop si le hasard fera qu’Édouard Louis lira ce très court article de blogue. Si jamais il me lisait, je voudrais tant et tant lui dire que je le crois, que je l’aime, et que je n’ai que rarement autant admiré, avec autant d’affection et de solidarité, j'insiste, de solidarité, l’auteur remarquable qu’il est, du récit stupéfiant qu’il a écrit.

Il y a de ces courages qui ne mentent jamais.