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samedi 21 septembre 2013

LA NOUVELLE MÉTHODE: L'EXPLOITATION PAR LA CONSOMMATION


Source de l'image: http://en-avant-marche.blogspot.ca/2013_01_01_archive.html



Marx avait, au 19e siècle, pris conscience de la formation, dans les pays développés, d’une aristocratie de prolétaires. Ces travailleurs, de par leurs conditions de travail, et surtout le salaire qu’ils empochaient, se sentaient de moins en moins solidaires du sort fait au lumpenprolétariat, mais  se voyaient plutôt concernés, directement, par la bonne vieille machine à extraire le capital dont ils profitaient, par la bande.

Le prolétariat ultra-pauvre, il se trouve maintenant, et de plus en plus, à l’étranger. S’il est ici, il est victime de la précarité de l’emploi, parfaitement immorale, et d’autant plus terrible à supporter que le travailleur, constamment menacé par le chômage, subit le chantage au salaire raisonnable, le « seul que l’entreprise peut payer », toujours à la baisse. Tu veux un job ? Accepte un salaire réduit. C’est odieux. C’est généralisé. 

À côté de ces travailleurs temporaires, précaires, menacés, il y a maintenant une nouvelle aristocratie de prolétaires, essentiellement des travailleurs consommateurs lucides, qui ont appris à consolider leur situation économique, et leur inféodation à une société radicalement inégalitaire, en achetant au rabais, sans scrupule ni remords. J’essaie d’éviter les Walmart de ce monde. Je n’y arrive pas toujours. Quel salaire a-t-on versé pour rendre possible l’aubaine dont je profite ? À quel travailleur ? De quel sexe, de quel âge ? La précarité de l’emploi, les salaires à la baisse, le mépris affiché pour des conditions de travail décentes, le dédain, même, pour la simple reconnaissance de ce que l’entreprise doit à ses travailleurs, m’ont toujours profondément scandalisé. J’ai, près de moi, des personnes qui subissent ce genre de conditions de travail. Ça m’interpelle parce que je vois ce que ça fait, au quotidien.