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mercredi 16 mars 2011

MÈRES ET FILLES DANS LA MORT



J'ai vu cette image cet après-midi sur Twitter; je ne pourrais donc pas en donner ici la source exacte. Qu'importe, j'ai décidé de la re-publier quand même, tant ce qu'elle montre, et dit, est à la fois tragique et universel. C'est, je crois, la photo la plus poignante, la plus horrible aussi, que j'ai vue des suites du tremblement de terre et du tsunami du vendredi 11 mars dernier, dans le nord-est du Japon. Une mère et sa fille ont trouvé la mort ensemble; une mère, surtout, a essayé, contre la submersion fatale, contre la mort pourtant certaine, de protéger sa fille. C'est autrement que toutes deux survivront.

La photo m'a immédiatement rappelé Pompéi, et les images, aussi, des corps saisis par la débordement des cendres volcaniques, et les coulées de lave. Je me rappelais avoir déjà vu une photo du moulage des corps d'une mère et de sa fille, mortes elles aussi ensemble, il y a deux mille ans, dans des circonstances qui rappellent celles qui affligent maintenant le Japon.




Raz-de-marrée, pluie de cendres, coulées volcaniques, l'horreur de la mort subite fige parfois la nature humaine dans ce qu'elle a, peut-être, de plus immortel. Je suis convaincu que la photo de la jeune mère japonaise et de sa fille restera comme un des témoignages les plus forts du fléau du tsunami de vendredi dernier, au même titre que, par exemple, la photo de la jeune Vietnamienne prise de terreur lors du bombardement sur son village, en 1972 - photo qui avait beaucoup fait pour achever de discréditer cette guerre.


La vie est singulière, et affreusement fragile.

mardi 15 mars 2011

CONVERGENCE




Photo: AFP



Ce qui se passe au Japon est doublement tragique.
Le risque nucléaire atteint la cote 6, semble-t-il – bien que le Japon conteste cette analyse faite par l’Autorité de sûreté nucléaire ( française ). Au Japon, on parle plutôt des vents qui, heureusement, poussent vers le large le danger de radioactivité, protègent les populations civiles, sécurisent Tokyo…
Doublement tragique parce que la gravité même des faits, qui dépassent les convictions idéologiques, ridiculise ( pour un temps ) les engagements politiques de gauche ou de droite, questionne la survie même de l’espèce et de ce qu’elle fait, depuis 1945, de sa planète – de son environnement multimillénaire – et facilite la répression en Afrique du Nord et dans la péninsule arabe. Là-bas, c’est à nouveau 1848, d’abord le vent de révolte et de liberté, la proclamation de la République, la secousse qui traverse les frontières devenues poreuses, mais c’est ensuite l’armée qui, parce que c’est devenu possible de tirer et de gagner, parce qu’il y a l’exemple libyen, écrase dans le sang la révolte populaire qui a perdu de son identité…  Tout comme à l’époque les Russes en Pologne, c’est Kadhafi qui reprend possession de son pays, ce sont les monarchies qui comprennent que le vent a tourné, qu’elles peuvent s’entraider, qu’elles peuvent durer et survivre.
Il a convergence entre le Japon et le monde arabe, entre les tyrans et l’atome. Reste à savoir qui des deux, du nucléaire civil, ou des petits césars sans religion d’État, réussira à tuer le plus d’êtres humains possible et à maintenir intacts, les progrès inévitables de la « modernité », savoureusement célébrée par les droites occidentales en tous genres.