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mardi 15 mars 2011

CONVERGENCE




Photo: AFP



Ce qui se passe au Japon est doublement tragique.
Le risque nucléaire atteint la cote 6, semble-t-il – bien que le Japon conteste cette analyse faite par l’Autorité de sûreté nucléaire ( française ). Au Japon, on parle plutôt des vents qui, heureusement, poussent vers le large le danger de radioactivité, protègent les populations civiles, sécurisent Tokyo…
Doublement tragique parce que la gravité même des faits, qui dépassent les convictions idéologiques, ridiculise ( pour un temps ) les engagements politiques de gauche ou de droite, questionne la survie même de l’espèce et de ce qu’elle fait, depuis 1945, de sa planète – de son environnement multimillénaire – et facilite la répression en Afrique du Nord et dans la péninsule arabe. Là-bas, c’est à nouveau 1848, d’abord le vent de révolte et de liberté, la proclamation de la République, la secousse qui traverse les frontières devenues poreuses, mais c’est ensuite l’armée qui, parce que c’est devenu possible de tirer et de gagner, parce qu’il y a l’exemple libyen, écrase dans le sang la révolte populaire qui a perdu de son identité…  Tout comme à l’époque les Russes en Pologne, c’est Kadhafi qui reprend possession de son pays, ce sont les monarchies qui comprennent que le vent a tourné, qu’elles peuvent s’entraider, qu’elles peuvent durer et survivre.
Il a convergence entre le Japon et le monde arabe, entre les tyrans et l’atome. Reste à savoir qui des deux, du nucléaire civil, ou des petits césars sans religion d’État, réussira à tuer le plus d’êtres humains possible et à maintenir intacts, les progrès inévitables de la « modernité », savoureusement célébrée par les droites occidentales en tous genres.




mercredi 2 février 2011

MANIPULATION EXTRÊME


Source de l'image:  http://animalhum.unblog.fr/2008/04/15/tchernobyl



En dissimulant aux populations les conséquences sanitaires et écologiques de l’accident de Tchernobyl, les dirigeants des grandes puissances participent à la désinformation (…) dont bénéficie l’industrie nucléaire, aussi bien civile que militaire [ depuis 50 ans ].
En janvier 2010 (…) l’Académie des sciences de New York a publié le recueil le plus complet de données scientifiques concernant la nature et l’étendue des dommages infligés aux êtres humains et à l’environnement à la suite de l’accident de Tchernobyl. (…) Les auteurs estiment que les émissions radioactives du réacteur en feu ont atteint (… ) deux cents fois les retombées des bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki ; que le nombre de décès à travers le monde attribuables aux retombées de l’accident, entre 1986 et 2004, est de 985 000, un chiffre qui a encore augmenté depuis cette date. Des 830 000 « liquidateurs » intervenus sur le site après les faits, 112 000 à 125 000 sont morts. (…)
Si les conséquences sanitaires et environnementales laissent les technocrates de marbre, la facture économique finale, elle, devrait les émouvoir. Pour les vingt premières années, les dépenses directes provoquées par la catastrophe pour les trois pays les plus touchés dépassent 500 milliards de dollars, ce qui, rapporté au coût de la vie dans l’Union européenne, représente plus de 2 000 milliards d’euros. Autant, donc, sinon plus, que le coût de construction de toute l’infrastructure nucléaire mondiale !
Alison Katz, Le monde diplomatique, décembre 2010.